Rachel Marsden: Le licenciement de Comey provoque un tollé du marécage

Au début de mars, le directeur de la police federale americaine (FBI), James Comey, a déclaré lors d’une conférence sur la cyber-sécurité à Boston: «Vous êtes coincé avec moi pendant six ans et demi environ.» La semaine dernière, le président américain Donald Trump l’a licencié.

Avant son élection, Trump avait promis de « de nettoyer  le marais » de Washington. Le FBI représente un exemple flagrant de la politisation rampante des institutions fédérales américaines, en particulier de celles qui traitent de la sécurité nationale et du renseignement. Virer son directeur faisait partie de l’assèchement  du marécage. Mais est-ce Trump pourrait vraiment réussir a continuer de changer Washington de cette manière?

Le FBI est censé d’être la police fédérale responsable de la lutte contre la criminalité. Au lieu de cela, le bureau a ouvert son  budget pour apparemment chaque menace à sujet chaud, même si la menace est principalement dans une juridiction d’outre-mer.

Lorsque le terrorisme est devenu une grande dépense dans le budget des États-Unis, le FBI (une agence nationale) a du coup assumé la responsabilité de la liste internationale des terroristes les plus recherchés. Donc, si, par exemple, en faisant le plein de votre  grand Range Rover quelque part aux Etats Unis, vous apercevez Ayman Al-Zawahiri, le leader actuel d’Al-Qaida et le fondateur du Jihad islamique égyptien, contactez le bureau local du FBI. Étant donné qu’aucun des terroristes les plus recherchés ne se trouve aux États-Unis, le FBI est en tout cas obligé de transmettre l’information à la CIA de toute façon. Il ne s’agit pas de pragmatisme mais plutôt de la politique qui consiste de garder tout cet écosystème de l’establishment heureux et bien financé.

Le sénateur républicain Chuck Grassley, président du Comité judiciaire du Sénat, a écrit à Comey le 6 mars dernier, exprimant sa préoccupation quant à la politisation du FBI. Grassley a fait référence à un article du Washington Post qui expliquait que le FBI a accepté de payer pour un dossier, par la suite discrédité,  sur Trump monté  par l’ancien espion britannique devenu détective privé, Christopher Steele. Selon l’article, la recherche de Steele était pour un cabinet privé qui avait été embauché par des partisans de Hillary Clinton, et le FBI le savait. (Le contrat du FBI avec Steele finit par tomber et il n’a reçu aucune compensation de leur part.)

Grassley a cependant écrit à Comey: « L’idée que le FBI et les associés de la campagne de Clinton paieraient Monsieur Steele pour enquêter sur le candidat républicain à la présidence à la veille des élections, soulève d’autres questions sur l’indépendance du FBI par rapport à la politique, ainsi que l’utilisation par l’administration Obama des organismes chargés de l’application de la loi et du renseignement à des fins politiques.”.

Les institutions de Washington cherchent constamment à promouvoir  au maximum leurs sujets préférés  en les politisant. Cela fait que le débat se grave dans l’esprit du grand public et persiste a long terme. Les mêmes comités qui sondaient la prétendue ingérence russe dans le processus démocratique avaient tenté de faire de la Russie un bouc émissaire bien avant l’élection présidentielle. En mai 2016, avant que Trump n’ait même gagné la nomination républicaine, le Comité permanent sur le renseignement du congres américain a mentionné l’importance de «vérifier l’agression croissante de la Russie» dans un rapport recommandant l’autorisation du budget du renseignement de 2017.

Deux semaines après que Trump a remporté les élections, le projet de loi révisé visant à autoriser le financement du renseignement comprenait la création d’un comité chargé de lutter contre «les mesures actives de la Russie pour exercer une influence dissimulée».

Nous n’avons pas encore vu des preuves techniques crédibles de l’ingérence de la Russie dans les élections des États-Unis, mais une partie entière d’un projet de loi budgétaire fut déjà consacrée à cette question. Ce qui a clairement existé au lendemain de l’élection, cependant, était le genre de prétexte suffisamment opaque qui aide à justifier les dépenses perpétuelles. L’expression «ingérence russe» est donc la version sécurité nationale du «changement climatique».

Tant qu’un bouc émissaire épouvantail existe, l’argent continue à couler vers l’établissement et il reste heureux. C’est quand Trump fait quelque chose pour arrêter le cirque – dans ce cas, en virant un personnage d’établissement comme Comey – que les créatures de marécage de l’establishment commencent à crier pour leur vie.

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Un commentaire pour Rachel Marsden: Le licenciement de Comey provoque un tollé du marécage

  1. Saurer dit :

    Costaud ce dossier ! merci à EuroCalifat, ces infos sont sérieuses.

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