Rachel Marsden: Le système canadien d’immigration peut-il résister à de nouvelles pressions?

PARIS – Le système d’immigration canadien basé sur les quotas a récemment été salué par le candidat à la présidence française  (et ancien Premier ministre) François Fillon comme un exemple brillant sur la scène mondiale.
«Je propose une politique de quotas d’immigration comme le Canada», a déclaré Fillon lors d’une récente intervention à la télévision.
Tu t’en rends compte Justin Trudeau? Le Canada est devenu un modèle d’immigration mondialisée grâce à ton prédécesseur, le Premier ministre conservateur Stephen Harper. N’en profite pas.
Oups, on dirait qu’il peut déjà être trop tard, comme l’indique un article récent du New York Times au sujet du sort des réfugiés syriens au Canada .

Oui, le Canada a un système de points fondé sur le mérite pour les travailleurs dits qualifiés, cela  grâce à Harper, qui a apparemment compris que lorsque la liste des travailleurs qualifiés comprend des cv comme «assistant administratif», il vaut mieux avoir d’autres critères de sélection au-delà de la seule capacité d’exécuter le job.
A quoi cela sert-il d’être ultra-sélectif à l’entrée quand il y a un videur laissant chacun se faufiler par derrière, minant la base méritocratique du système?
L’article du New York Times publié dimanche a examiné  la situation de quelques-uns des environ 40.000 réfugiés syriens accueillis au Canada depuis novembre 2015. Beaucoup d’entre eux sont maintenant confrontés à la situation  critique «Mois 13» dans leur nouveau pays, car L’obligation de les soutenir financièrement pendant un an prend fin.
On nous a dit que le Canada a selectionne ces réfugiés pendant qu’ils attendaient dans les camps à l’étranger et que ces nouveaux arrivants apporteraient une contribution importante à l’économie canadienne. Si c’est le cas, pourquoi apprenons-nous que certains ne peuvent  même pas lire ou écrire l’arabe, et encore moins l’anglais ou le français, et que certains sont si instruits qu’ils ont encore du mal à communiquer après une année de cours de langue?
Dans l’article du Times, un réfugié a entendu d’autres personnes dans une classe de langue anglaise expliquer comment abuser le système social canadien: »Un a expliqué qu’il pouvait travailler et encore recueillir l’aide du gouvernement s’il pouvait persuader son patron de le payer au noir ».
Ce réfugié, qui aurait pu retirer de l’argent pour que son solde bancaire atteigne le seuil de l’aide sociale, selon l’histoire, gagnait 11,50 $ l’heure dans un emploi dans un restaurant avant d’obtenir une augmentation qui a augmenté son salaire horaire jusqu’à 13 $. Beaucoup de Canadiens ont réussi à survivre avec le même salaire sans avoir recours à l’escroquerie du système.
Pendant ce temps, le père du même réfugié, qui est resté en Syrie, pressait son fils d’envoyer de l’argent, même s’il devait l’obtenir des sponsors canadiens.
Je suppose que nous sommes censés trouver réconfortant que les enfants décrits dans l’article du Times commencent à lire à haute voix en anglais, rendant leurs parents fiers. Qu’ils apprennent à jouer au hockey. Et qu’ils comblent un vide dans la vie de leurs  donateurs  privés (retraités, dans ce cas), qui s’occupent d’eux  dans une étrange dynamique co-dépendante. Pour tout cela, l’article suggère que le coût pour les contribuables canadiens est vraiment juste un investissement dans les générations futures dont les enfants s’intégreront mieux que leurs parents.
Mais les Canadiens n’ont jamais eu l’habitude d’etre obligés de régler la facture comme ils le font. Faut-il vraiment nous faire croire qu’on serait des connards d’insister que les nouveaux arrivants s’en sortent par eux-mêmes? (Je suis originaire du Canada.) Nous avons tous entendu les histoires d’immigration des générations de nos parents et de nos grands-parents qui sont venus en Amérique du Nord et ont eu des emplois éprouvants pour offrir à leurs enfants une vie meilleure. Ils savaient que la vie  serait difficile pour eux. Ils étaient industrieux et autonomes. Contrairement à la famille syrienne décrite dans l’histoire du Times, ils n’avaient pas l’intention de retourner dans leur pays d’origine uniquement parce que les aides sociales arrivaient à leur terme. Ils n’avaient pas ce choix .Alors  que la famille syrienne a envisagé cette option au lieu de serrer la ceinture, on se demande pourquoi ils doivent être considérés comme des réfugiés.
Beaucoup d’entre nous ont réussi  avec des moyens modestes et ce n’est pas grace a une mentalité de gauche qu’on a pu s’en sortir . C’était la méritocratie, et non pas la quête de la diversité à tout prix, qui a rendu  le système d’immigration du Canada mondialement connu. Il serait dommage si Trudeau arrivait a «innover» ce système en version copie-carbone des échecs des autres pays centres sur la diversité.
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