Rachel Marsden: Pourquoi le terrorisme épargne-t-il la Suisse?

PARIS – Cette semaine marque le premier anniversaire des attentats terroristes en Belgique: des attentats qui ont frappé l’aéroport de Bruxelles et une station de métro à proximité du bâtiment du Parlement européen.

Le week-end dernier, les vols à l’aéroport de Paris-Orly s’arrêtèrent temporairement après que Ziyed Ben Belgacem, âgé de 39 ans, né à Paris et d’origine tunisienne, a  été abattu par des militaires français après s’être emparé d’une arme à feu ,criant : «Baissez vos armes! Mettez vos mains sur votre tête! Je suis ici pour mourir pour Allah. Quoi qu’il arrive, il y aura des morts! »

Le mois dernier à Paris l’égyptien Abdullah Reda al-Hamamy a attaqué un soldat gardant le Louvre,  en  brandissant une machette et  en hurlant « Allahu Akbar! » Il a été abattu par d’autres soldats et est grièvement blessé.

Il est facile d’avoir l’impression que le terrorisme en Europe devient inévitable.

Mais l’ancien chef des services de renseignement français  a combattu cette idée dans un échange de courrier électronique avec moi cette semaine. «Si nous commençons à  qualifier de terroristes pour des raisons politico-médiatiques, tout imbécile délinquant toxicomane, plein d’alcool et de cannabis, sans lien avec aucun mouvement et qui perd la tête, nous jouons exactement le jeu des  véritables terroristes pour nourrir la paranoïa du public », dit-il.

C’est sur … parce que la  raison n°1  d’abandonner la cocaïne, l’alcool ou la mauvaise herbe est d’arrêter  en commettant  des actes publics de violence tout en criant des phrases jihadistes célèbres…

Ce qui est curieux, c’est qu’un pays au beau milieu de l’Europe est apparemment exempt des attaques terroristes radicales islamiques: la Suisse. Pourquoi les djihadistes suisses ne créent-ils pas le chaos comme leurs homologues européens?

Une des raisons possibles est que la Suisse ne fait pas partie de l’Union européenne, en dépit de son siège au cœur de l’Europe. Les citoyens suisses ont toujours insisté sur une séparation stricte  avec  les autres nations européennes, tant lors des conflits(la fameuse «neutralité suisse»),  qu’en finance (le secret bancaire suisse légendaire). Plutôt que d’être liés au reste de l’Europe avec le risque  d’être entrainés  par des états amis irresponsables à  partager l’achat  de  la bouteille de vin la plus chère du monde, les Suisses préfèrent plutôt des accords bilatéraux  au cas par cas.

C’est également le cas avec la pression de l’UE pour accepter les migrants de régions déchirées par la guerre sous le couvert de l’humanitarisme. La Suisse fait partie de l’espace Schengen, mais elle n’a pas hésité à refouler les migrants l’an dernier lorsqu’ils ont commencé à se rendre à la frontière entre la Suisse et l’Italie. La Suisse a une réputation d’être moins accueillante envers les migrants, en grande partie grâce à des règles strictes pour les demandeurs d’asile. En conséquence, les Suisses n’ont pas les enclaves culturellement isolées qui ont favorisé les terroristes islamiques radicaux dans des pays européens comme la France et la Belgique.

En outre, la Suisse ne dispose pas d’une économie redistributrice avec des impôts élevés et des droits écrasants. Au lieu de cela, vous payez des impôts plus bas et achetez des choses pour vous-même. En Suisse, vous payez de votre poche, avec votre argent durement gagné,  votre propre santé en souscrivant à  un régime d’assurance privé sur le marché concurrentiel. Les gens ont tendance à être plus respectueux des choses qu’ils doivent payer.

En revanche, si vous êtes un employé salarié en France, le gouvernement paie votre sécurité sociale et les soins de santé pour vous … C’est juste magique! Les bénéficiaires ont tendance à ignorer que le fait que ce système est payé en grande partie par le gouvernement qui escroque fiscalement leur employeur. La société française dénonce les employeurs comme de méchants  exploiteurs du prolétariat, prouvant à nouveau que personne ne respecte les choses gratuites qui sont trop faciles. La société française est pénétrée  par le sentiment d’avoir des droits  et le manque de respect que le socialisme favorise.

Les Suisses semblent réticents à séparer complètement l’Eglise et l’Etat, au point d’interdire la construction de minarets lors d’un référendum de 2009. La France et la Belgique, de leurs côtés ont favorisé la laïcité radicale et le séparatisme église-État. Cela a créé un vide, laissant les sociétés françaises et belges vulnérables à des alternatives plus radicales qui cherchent à exploiter la tolérance et la diversité bien intentionnées.

Considérer  les attaques terroristes comme des  actes insensés de délinquants ou de toxicomanes est juste une excuse pour éviter de creuser dans les réalités sous-jacentes qui ont contribué à engendrer un tel chaos. Telles sont les réalités sur lesquelles certaines nations européennes ont construit des bases sociétales défectueuses. La Suisse a démontré qu’il y a une meilleure alternative.

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Un commentaire pour Rachel Marsden: Pourquoi le terrorisme épargne-t-il la Suisse?

  1. roger Morzini dit :

    et beaucoup de Suisses sont armés !

    J'aime

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