Le Giton au bal des tapins.2.

Quelques années ont passé depuis mon enfance et bien des souvenirs ont été enfouis dans les limbes de ma mémoire, cependant, parmi les réminiscences confuses de ma vie de gay en culotte courte, je n’oublierai jamais ma rencontre avec Sébastien Lafesse alias Tiembs. Nous étions au collège Jacques Cheminade, en 5ème. C’était la fin de l’année scolaire, début juin, à quelques jours des grandes vacances d’été.

Quand arrive le printemps, je suis toujours chaud comme la braise, narines ouvertes, yeux écarquillés, oreilles érectiles, je me sens comme une fleur et je bourgeonne. Cette année-là, j’aurais violé un gosse tellement je bandais du matin au soir, un véritable nain priapique. Je me sentais seul et exclu tel Joujou (Joseph Boruwlaski) du cercle de la société à cause de ma petite taille. Disons que je mettais tout sur le compte de ma croissance stoppée alors qu’en vérité c’est mon caractère de biatche qui me valait le mépris d’autrui. Ces pulsions sexuelles me pesaient, et des crampes au poignet occasionnaient des douleurs terribles.

Quelques années ont passé depuis mon enfance et bien des souvenirs ont été enfouis dans les limbes de ma mémoire, cependant, parmi les réminiscences confuses de ma vie de gay en culotte courte, je n’oublierai jamais ma rencontre avec Sébastien Lafesse alias Tiembs. Nous étions au collège Jacques Cheminade, en 5ème. C’était la fin de l’année scolaire, début juin, à quelques jours des grandes vacances d’été.
Quand arrive le printemps, je suis toujours chaud comme la braise, narines ouvertes, yeux écarquillés, oreilles érectiles, je me sens comme une fleur et je bourgeonne. Cette année-là, j’aurais violé un gosse tellement je bandais du matin au soir, un véritable nain priapique. Je me sentais seul et exclu tel Joujou (Joseph Boruwlaski) du cercle de la société à cause de ma petite taille. Disons que je mettais tout sur le compte de ma croissance stoppée alors qu’en vérité c’est mon caractère de biatche qui me valait le mépris d’autrui. Ces pulsions sexuelles me pesaient, et des crampes au poignet occasionnaient des douleurs terribles.
Il faut que je me confesse, j’avais été renvoyé de mon ancien collège après que je me fus livré à des attouchements sur un 6ème chétif. Convoqués, mes parents avaient tenté de minimiser, surtout mon beau-père algérien. « Ci pas sa faute, li petit il va li voir li psychologue, ci promis midame. » En dépit de maints engagements et salamalecs, la directrice, plongeant son regard d’insecte dans mes oeillades suppliantes, avait répondu « Non, je ne peux pas prendre le risque que cela recommence. » Quand je vous dis que les femmes sont toutes des salopes.
Les grilles s’étaient refermées sur ma petite délinquance sexuelle, ma mère m’avait giflé. J’avais passé une semaine à la maison à m’astiquer comme un âne en repensant au petit. Puis, j’étais arrivé au Collège Jacques Cheminade où l’on m’avait accepté car l’école est obligatoire jusqu’à seize ans.
Toute l’année, j’étais resté solitaire. Toute l’année jusqu’en juin. Dans ma classe, il y avait ceux qui allaient devenir mes amis pour la vie ! Jean Sansdor le bagarreur qui se faisait toujours défoncer à la récré, Jean-Philippe, dit « Padatan le coussin péteur », Boutintrin et son maquillage de montante de Pigalle, Samuel « le déconneur » qui caftait tout le temps, Marst « Trou normand » qui archivait tout, maniaque comme un collectionneur, Edouard Louis, le fragile, Sihame Assbracelet surnommée « Je nique la France, sa mère la pute » et Salomé la mythomane qui ne s’appelait pas Salomé mais Samia et avait déjà redoublé trois fois.
Notre professeur principal était Christophe Pisseaunez qu’on appelait entre nous « Breakingthor ». Mallumia Konso était surveillante. Il y avait aussi Stéphane Vertbois gauchiste radical pro Palestine qui haïssait les juifs et tenait le tabac journaux à côté du collège où nous allions voler des bonbons. Ah oui j’oubliais Christophe Beretbasq le gendarme, surnommé « Arobasq » en raison des tours qu’il faisait au rond point avec sa voiture de fonction. J’avais mis un an à me lier d’amitié avec cette bande mais ça valait le coup ! J’ai d’ailleurs gardé précieusement la photo de classe prise par Dahmane Benvoleur, un photographe de porno hétéro bien qu’il fut gay.
Et donc, c’est Tiembs qui m’avait introduit. Ce matin là, derrière l’abri bus, je l’avais surpris en train de jouer avec un animal mort. Un chat. Les pattes du félin étaient brisées et ses yeux lui sortaient des orbites. Tiembs prenait des photos avec un petit appareil numérique. Du sang et des poils collés sur ses mains, j’en avais déduit qu’il avait lui-même envoyé la bestiole ad patres. « C’est ton chat? » Tiembs écarta une mèche de cheveux longs et bouclés d’un mouvement de tête brutal. « Non, c’est le chat de ma voisine, le mien je l’ai fait cuire au micro-ondes. » Un sourire barrait son visage rond et mou de gros mangeur de crêpes au Nutella.
Je venais de rencontrer un autre moi-même. J’étais le plus heureux des collégiens ! Le jour même, en cours de science et vie de la terre, Tiembs avait volé des éprouvettes pour s’y vider les couilles. Samuel avait cafté au prof principal Breakingthor avant d’écrire un article dans le journal du collège après une réunion au club des tapettes disparues. Ma vie sociale commençait. J’avais enfin un réseau.

 

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