Les villes de gauche où il faut envoyer les clandos

Laval_and_Carl_Oberg

Appel de maires : «Nous sommes solidaires de Calais»

A l’heure où la situation dramatique de la jungle de Calais peut enfin trouver une issue solidaire, certains font le choix de jouer le jeu de la peur, de la division, de l’extrémisme. C’est un jeu dangereux qui porte atteinte aux valeurs de la République. Ce choix funeste reviendrait à faire divorcer notre pays de son histoire, de sa culture, de la voix que les peuples du monde ont appris à aimer d’elle.

La crise migratoire résulte des désordres du monde, que nul n’ignore, et contraignent à l’exil des milliers de femmes et d’hommes qui fuient les guerres et les persécutions. Elle concerne l’Europe entière. La France, 5e puissance mondiale, prend ses responsabilités.

Plus d’1,2 million de femmes, d’hommes et d’enfants ont franchi les frontières extérieures de l’Union européenne au péril de leur vie. La France agit au plan européen et prend sa part de l’indispensable effort d’accueil des personnes en besoin de protection. Elle démantèle les filières de passeurs qui prospèrent cyniquement sur la détresse des êtres humains. Notre politique migratoire est maîtrisée : la demande d’asile en France, qui s’établit à 65 000 en moyenne annuelle ces dernières années, atteindra 100 000 en 2016. Faire croire à une prétendue invasion migratoire en France est un mensonge dangereux et indigne.

L’Etat agit depuis des mois pour le démantèlement de la jungle de Calais. Il est dans son rôle lorsqu’il organise et finance un accueil digne et maîtrisé des réfugiés et demandeurs d’asile. Et alors que les Français attendent une sortie de crise honorable, le chef de file du parti Les Républicains, président de Région Auvergne-Rhône-Alpes, et son compère de la Région Paca s’exonèrent honteusement de leurs responsabilités et du devoir de solidarité. Ils ne peuvent se comporter ainsi en chef de baronnies, incitant les maires à s’opposer à l’Etat républicain.

Nous sommes plus nombreux que ceux qui défient la solidarité nationale

Les faits sont têtus : en dépit des contrevérités proférées, l’immense majorité des migrants présents à Calais ne sont pas des migrants économiques irréguliers ; ce sont des hommes, des femmes et des enfants qui fuient la guerre et les persécutions. La différence est majeure. La France a vocation à leur donner asile. Mensonge également que de soutenir que les migrants économiques irréguliers ne sont pas reconduits : la France reconduit ceux qui n’ont pas vocation à être réfugiés ; cela a été le cas depuis Calais pour plus de 1 300 personnes en situation irrégulière depuis le début de l’année 2016.

Mensonge, enfin, lorsque les mêmes parlent de «mini-Calais». Depuis neuf mois, 161 centres d’accueil et d’orientation ont été créés en France, dans un dialogue systématique avec les maires de toutes sensibilités politiques. Intégralement financées par l’Etat, ce sont des petites structures, très encadrées, dans lesquelles les associations accompagnent les migrants vers la demande d’asile. D’ores et déjà, ils ont permis l’accueil de 5 500 personnes dans des conditions positives. Qui peut soutenir qu’un grand pays comme le nôtre, 65 millions d’habitants, ne peut dignement accompagner vers l’asile 9 000 personnes en détresse ? Au nom de quel égoïsme la ville de Calais aurait-elle vocation à être abandonnée ? Nous sommes solidaires de Calais, et nous sommes plus nombreux que ceux qui défient la solidarité nationale.

Les mensonges à répétition ne font pas une vérité. Ils créent de la peur, de la division, de la haine. Nous ne pouvons laisser installer une situation de tension dans notre pays qui a besoin de rassemblement et de raison. Nous voulons que la France demeure fidèle à ses valeurs. C’est là son honneur. Nous, Maires solidaires, appelons au respect de la République dans les paroles et dans les actes.

Premiers signataires : François Rebsamen, maire de Dijon (Côte-d’Or); André Laignel, maire d’Issoudun (Indre); Nathalie Appéré, maire de Rennes; Nathalie Nieson, maire de Bourg-de-Péage (Drôme); Noël Mamere, maire de Bègles (Gironde); Jean-François Debat, maire de Bourg-en-Bresse (Ain); Guy Férez, maire d’Auxerre (Yonne); Luc Carvounas, maire d’Alfortville (Val-de-Marne); Olivier Dussopt, maire d’Annonay (Ardèche); Sylvine Thomassin, maire de Bondy (Seine-Saint-Denis); Jean-Pierre Bouquet, maire de Vitry-le-François (Marne); Christophe Rouillon, maire de Coulaines (Sarthe); Jean-Michel Morer, maire de Trilport (Seine-et-Marne); Bernard Moraine, maire de Joigny (Yonne); Hélène Burgat, maire de Mondeville (Calvados); Mickael Vallet, maire Marennes (Cahrente-Maritime); Dominique Gambier, maire de Deville-lès-Rouen (Seine-Maritime); Wilfried Schwartz, maire de La Riche (Indre-et-Loire); Michael Weber, maire de Wœlfling-lès-Sarreguemines (Moselle); Claire Delande, maire de Gagnac-sur-Cere (Lot).

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4 commentaires pour Les villes de gauche où il faut envoyer les clandos

  1. Zagros dit :

    Voilà une liste de maires bien intéressante. Les habitants de ces communes savent-ils qu’ils devront accueillir des « réfugiés » ? Seront-ils consultés par leur maire si démocratique?

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  2. boticea dit :

    « l’accumulation de mensonges ne fait pas une vérité ». Non, mais elle fait une république.

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  3. Bessat dit :

    En effet…

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  4. Tartampion dit :

    Les pauvres ….
    « Il n’ existe que deux choses infinies , l’univers et la bêtise humaine …
    Pour l’univers , je n’ai pas de certitudes … »
    Einstein

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